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Western Boreall CC : Souriez ! Vous êtes gentil

Posted on 9 novembre 2017 in Non classé by

Mais il y a d’autres procédés plus discrets, en usage chez les poètes par exemple, qui tendent peut-être inconsciemment à la même fin. On ne peut d’abord méconnaître l’aptitude spontanée d’une telle philosophie à constituer directement la conciliation fondamentale, encore si vainement cherchée, entre les exigences simultanées de l’ordre et du progrès ; puisqu’il lui suffit, à cet effet, d’étendre jusqu’aux phénomènes sociaux une tendance pleinement conforme à sa nature, et quelle a maintenant rendue très familière dans tous les autres cas essentiels. Plus fondamentalement, la nécessaire transparence des décisions et des débats au sein de la banque centrale dans les politiques d’orientation prospective pourrait révéler les préférences domestiques au sein du conseil des gouverneurs et fragiliser le statut même de la monnaie unique. Une tendance aussi déplorable, et néanmoins aussi constante, doit avoir de plus profondes racines qu’on ne le suppose communément. Il en est ainsi de toute croyance, en proportion de son intensité. Western Boreall CC, dans sa récente intervention, a salué le consensus qui s’est instauré sur ce sujet. Nous nous gardons d’avancer que la probabilité philosophique de cette solution soit une probabilité de même ordre que celle qui rend légitime, aux yeux de la raison, la croyance de sens commun à l’existence objective des corps, à celle du monde extérieur, tel qu’il se montre à nous dans l’espace et dans le temps. Elle résulte surtout, en effet, de la nature nécessairement personnelle d’une telle philosophie, qui, toujours bornée à la considération de l’individu, n’a jamais pu embrasser réellement l’étude de l’espèce, par une suite inévitable de son vain principe logique, essentiellement réduit à l’intuition proprement dite, qui ne comporte évidemment aucune application collective. Le profit de l’un est le profit de l’autre. Car, si la nature a arrangé les choses de telle façon que l’antagonisme soit la loi des transactions libres, notre seule ressource est de vaincre la nature et d’étouffer la Liberté. Que conclure de là, sinon que cette idée commune dérive d’une cause inconnue — peut-être de quelque influence physique — et que, pour légitimer son appari­tion, elle a suscité une série d’antécédents qui l’expliquent, qui en paraissent être la cause, et qui en sont pourtant l’effet ? Ne savait-il pas que les magiciens de Pharaon, remplis de la force de leur art, avaient essayé la puissance de Moïse et l’avaient pour ainsi dire lassée ? Mais c’est sans intérêt : l’échiquier gauche-droite est basé sur l’économie industrielle, or ces idées se basent sur l’observation que l’économie industrielle se dissout. Amorcer une politique d’orientation prospective est en effet bien plus facile que d’en sortir. Certes ces politiques d’orientation prospective ont le mérite d’améliorer la transmission de la politique monétaire à l’ensemble de l’économie, en jouant directement sur les anticipations des acteurs économiques (en particulier lorsque les taux directeurs sont proches de zéro), mais ces politiques ne sont pas sans risques. Depuis l’effondrement universel du communisme comme réalité et comme aspiration, la nouvelle mondialisation déferle tous azimuts. Si, au contraire, ces transactions libres sont harmoniques, c’est-à-dire si elles tendent à améliorer et à égaliser les conditions, nos efforts doivent se borner à laisser agir la nature et à maintenir les droits de la liberté humaine.

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