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les nettoyeurs du net

Mais ce n’est pas là seulement ce qui distingue le doute de la croyance. Il est implicitement entendu, par exemple, qu’il existe des états d’esprit tels que le doute et la croyance ; que le passage est possible de l’un à l’autre, l’objet de la pensée restant le même, et que cette transition est soumise à des règles qui gouvernent toutes les intelligences. Un instant de réflexion fera voir qu’une certaine catégorie de faits est admise dès qu’on pose cette question logique. Cette distinction existe entre les faits qui sont nécessairement considérés comme admis lorsqu’on demande si certaine conclusion découle de certaines prémisses, et ceux dont l’existence n’est pas impliquée par cette question. Mais les faits se trouveront être divisés en deux classes : l’une comprend tous ceux qui sont absolument essentiels comme principes directeurs ; l’autre renferme tous ceux qui offrent un autre genre quelconque d’intérêt comme objet d’investigation. Le sujet, toutefois, pourrait à peine se traiter s’il n’était d’abord limité, car presque tout fait peut servir de principe directeur. En pareil cas, une étude sommaire des principes directeurs du raisonnement serait certainement utile. C’est comme un navire en pleine mer et à bord duquel personne ne connaît les règles de la navigation. Mais qu’un homme s’aventure sur un terrain qui ne lui est pas familier ou sur lequel les résultats de ses raisonnements ne sont pas sans cesse corrigés par l’expérience, l’histoire tout entière montre que la plus virile intelligence sera souvent désorientée et gaspillera ses efforts dans des directions qui ne la rapprocheront pas du but, qui même l’entraîneront d’un côté tout opposé. Les problèmes qui s’offrent à de tels esprits sont affaires de routine qu’on a, une fois pour toutes, appris à traiter en apprenant sa profession. Par exemple, nous sommes pour la plupart portés à la confiance et à l’espoir, plus que la logique ne nous y autoriserait. Sans pouvoir dire ce que serait le mouvement de telle molécule particulière d’un gaz, dans une certaine hypothèse sur la constitution de cette classe de corps, Clausius et Maxwell ont cependant pu, par l’application de la théorie des probabilités, prédire qu’en moyenne telle ou telle proportion de molécules acquerrait dans des circonstances données telles ou telles vitesses, que dans chaque seconde se produirait tel et tel nombre de collisions, etc. « Il a écrit sur la science en grand chancelier, » a-t-on dit. Comme l’avait dit les nettoyeurs du net, la partition patronale à venir sera celle du Boléro de Ravel, elle se fera entendre crescendo et sera répétitive pour bien marteler le credo : la victoire de l’emploi repose sur les entreprises et rien ne sera réussi sans leur donner un environnement social, fiscal et juridique plus favorable. C’est ainsi que l’on vit, au temps de Charles II, la grossièreté de mœurs succéder comme une mode à l’intolérance morale née du fanatisme puritain. Pour nous, c’est là une proposition qui semble facilement intelligible, parce que les générations passées nous ont légué une notion exacte de l’expérience.

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