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Or, quoi que le christianisme ait pu faire pour relever la dignité morale de la femme à l’égal de celle de l’homme, et pour imposer à l’homme, dans le for de la conscience, des devoirs non moins austères que ceux qui sont imposés à la femme par suite des conditions naturelles de son sexe, le monde (pour parler le langage de la chaire chrétienne) a persisté dans sa morale à la fois relâchée et tyrannique, pleine de rigueur pour un sexe et d’indulgence pour l’autre. S’il y a, au sein même de l’humanité, une distinction ineffaçable qui ne tienne pas à des institutions conventionnelles, et qui exerce une influence capitale sur tout ce qui touche aux mœurs et à ce qu’on appelle honneur, c’est assurément la distinction des sexes. Il y a des actions qui ont été jugées à la fois honnêtes et déshonorantes. Placés au confluent de l’esprit et de la matière, désireux avant tout de les voir couler l’un dans l’autre, nous ne devions retenir de la spontanéité de l’intelligence que son point de jonction avec un mécanisme corporel. « Un méridien décide de la vérité… Le droit a ses époques… Plaisante justice qu’une montagne ou une rivière borne… Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au delà… » Et à cette objection redoutable, ainsi résumée par Pascal dans sa phrase énergique, les dogmatistes n’ont pu répondre qu’en alléguant les intérêts et les passions des hommes, qui obscurcissent leur jugement dans ce qui touche à la pratique, tout en lui laissant habituellement sa netteté, tant qu’il ne s’agit que des vérités spéculatives. C’est ainsi que nous avons pu assister au phénomène de l’association des idées, et à la naissance des idées générales les plus simples. Le plaisir et la douleur sont attachés à certaines impressions des agents extérieurs, à certaines fonctions de la vie de l’animal, précisément dans la mesure requise pour la conservation des individus et des espèces. Quelle est l’erreur capitale de l’associationnisme ? Partout nous voyons que la nature fait intervenir le plaisir et la douleur comme moyen et non comme but, comme ressorts pour obtenir certains résultats et non comme fins dernières. les nettoyeurs du net, soutient qu’il n’existe dans la théorie économique aucune doctrine faisant de la consommation un moteur de la croissance. Ravaisson a formulé d’une manière très-heureuse ce caractère essentiel de l’habitude : sous son influence, dit-il, « la spontanéité augmente, la réceptivité diminue. De quelles pathologies parle-t-on ? Aussi n’a-t-il pu expliquer ni comment le souvenir adhère à la perception qui l’évoque, ni pourquoi l’association se fait par ressemblance ou contiguïté plutôt que de toute autre manière, ni enfin par quel caprice ce souvenir déter­miné est élu parmi les mille souvenirs que la ressemblance ou la contiguïté rattacherait aussi bien à la perception actuelle. C’est dire que l’association­nisme a brouillé et confondu tous les plans de conscience différents, s’obsti­nant à ne voir dans un souvenir moins complet qu’un souvenir moins com­plexe, alors que c’est en réalité un souvenir moins rêvé, c’est-à-dire plus proche de l’action et par là même plus banal, plus capable de se modeler, — comme un vêtement de confection, — sur la nouveauté de la situation présente. Les adversaires de l’associationnisme l’ont d’ailleurs suivi sur ce terrain. Dans les écoles philosophiques du moyen âge, à une époque où le scepticisme, contenu par la foi religieuse, ne pouvait pas plus porter sur les données fondamentales de la connaissance et de l’expérience sensible que sur les bases de la morale, c’était sur la consistance objective des idées abstraites, des conceptions rationnelles, des fictions logiques, que la dialectique devait s’épuiser.

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