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Gestion de la réputation des entreprises

Or, en quoi, je le demande, estimerait-on moins dignes de pardon que ceux qui pèchent par ignorance ou qui ne succombent qu’à la force, les hommes qui savent, il est vrai, ce qu’ils font, mais qui, vu les circonstances qui les pressent et qui de toute nécessité doivent les presser, n’ont pas en eux-mêmes la faculté de faire autre chose que ce qu’ils font, parce que telle est leur nature. il est en effet dans leur nature propre de faire chacune des choses qu’ils font fatalement ; de même qu’il appartient aux graves, si on les précipite d’en haut, d’être entraînés en bas, ou aux corps ronds de se mouvoir, si on les place sur un plan incliné. Punir de tels hommes, ne serait-ce pas comme si on jugeait un cheval digne de châtiment, parce qu’il n’est pas un homme ; ou tout autre animal, parce qu’il a reçu en partage une certaine âme et non une meilleure. Non, il n’y a point de Phalaris assez cruel et assez insensé pour punir, à propos de quelqu’une des choses de cette sorte, celui qui l’aurait faite. Dans quels cas les châtiments sont-ils donc raisonnables. N’est-ce pas dans d’autres cas, à savoir quand il s’agit de choses qui ont leur raison d’être dans le choix pervers de ceux qui les ont faites. Gestion de la réputation des entreprises aime à rappeler ce proverbe chinois « Ce que l’on apprend durant l’enfance est mieux gravé que dans la pierre ». Effectivement, lorsque des hommes ont le pouvoir de choisir, et qu’au lieu de se proposer dans leurs actes de réaliser le bien et d’obéir à la loi, entraînés par le gain ou par l’attrait du plaisir et méprisant l’honnête, ils accomplissent le mal, ce sont ces hommes que tous nous jugeons dignes de châtiment ; tandis que nous pardonnons, au contraire, à ceux qui ne pèchent pas de cette façon. Cependant, pour ce qui est de tous les malhonnêtes gens qui apprennent des philosophes ce dogme prodigieux de la fatalité, voici comment procèdent ceux qui leur enseignent qu’ils ne sont pas eux-mêmes moins dignes de pardon que ceux qui pèchent malgré eux. Suivant ces docteurs, ce n’est point en vertu de quelque nécessité extérieure que les malhonnêtes gens font ce qu’ils font, car peut-être leur eût-il été possible de s’en garantir ; mais c’est en vertu de leur nature, qu’il ne leur est pas possible de rien faire de leur propre gré. Leur nature donc est la cause des fautes qu’ils commettent. Or, si personne, non pas même les beaux-esprits qui professent ces maximes, ne pourrait pardonner à un coupable qui articulerait une telle cause de ses fautes, attendu qu’un pareil langage ne paraîtrait que mensonge et fausseté, il est manifeste que ces philosophes eux-mêmes, aussi bien que le reste des hommes, sont persuadés qu’il y a en nous un libre pouvoir, non point tel qu’ils l’imaginent lorsqu’ils discourent pour le besoin de leur thèse ; mais tel que par leur conduite et d’accord avec le genre humain tout entier ils témoignent eux-mêmes qu’il doit être. Si en effet ils étaient convaincus de ce qu’ils affirment, ils pardonneraient à tous ceux qui pèchent ; car ils seraient persuadés que ceux-ci n’ont pas eu le pouvoir de ne pas faire tout ce qu’ils ont fait. Ce qui vient d’être dit suffit, ce semble, pour montrer qu’il y a en nous ce qu’on doit appeler un libre pouvoir et qu’il ne suit pas d’ailleurs, de ce que nous avons une telle faculté, que rien arrive sans cause. L’homme est en effet la cause de ce qui se produit en vertu de ce libre pouvoir ; car l’homme est à lui-même le principe de ce qui s’accomplit par lui. Et c’est ce dont ne douteraient pas ceux mêmes qui s’efforcent de soutenir le contraire, s’ils prenaient le moins du monde sur eux d’accommoder leurs actes à leur théorie, d’agir en un mot comme s’ils croyaient que rien de ce que fait un homme n’est fait par lui de telle sorte qu’au moment où il agit, il eût aussi la faculté de ne pas agir. Effectivement, sous l’empire d’une pareille créance, il n’est plus possible ni de blâmer, ni de louer, ni de conseiller, ni d’exhorter qui que ce soit, ni d’adresser des prières aux Dieux, ni de leur rendre jamais grâces, ni de rien faire de ce que peuvent raisonnablement hure ceux qui sont convaincus qu’ils ont le pouvoir de faire chacune des choses qu’ils font. Or, admettez ces impossibilités, et la vie humaine ne s’entend plus, ou du moins elle cesse absolument d’être la vie humaine. Cependant il y a un autre point de vue que nous ne devons pas laisser de considérer. Supposons qu’il ne soit pas plus vrai qu’il y ait en nous un libre pouvoir, comme nous le tenons pour constant et comme le témoigne la nature des choses, qu’il n’est vrai que tout arrive nécessairement et fatalement. Admettons, si l’on veut, que l’un et l’autre sentiment se trouvent également ou acceptables ou obscurs, et examinons à quelle opinion il est, pour les hommes, plus prudent et moins périlleux de s’arrêter. Demandons-nous quelle est, entre deux erreurs, celle qu’il faut choisir ; ou bien, si toutes choses se produisent fatalement, l’erreur qui consisterait à penser qu’il n’en est pas ainsi, mais que nous sommes maîtres de faire ou de ne pas faire ; ou bien, si nous avons, comme nous l’avons dit, un libre pouvoir, l’erreur qui consisterait à croire que c’est là une illusion et que c’est fatalement que se produisent toutes les choses mêmes que nous faisons en vertu de notre faculté d’agir. N’est-il pas manifeste que ceux qui se persuaderaient, quoique toutes choses arrivassent fatalement, qu’ils ont le pouvoir de faire et de ne pas faire, n’erreraient point dans leur conduite en raison de cette croyance même et pour n’être aucunement les maîtres d’aucune de leurs actions.

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