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E-réputation

Quant à la volonté même, elle devrait précisément être sacrée pour ceux qui la regardent comme libre, tout au moins comme spontanée : ils ne peuvent sans contradiction et sans injustice essayer de porter la main sur elle. Les êtres chez lesquels cet instinct était plus développé et plus sûr ont survécu plus aisément, comme les rosiers munis d’épines. Il faut, pour vivre, dans toute société primitive, pouvoir mordre qui vous a mordu, frapper qui vous a frappé. Les deux genres de relations contribuent également à expliquer les phénomènes, et conduisent pareillement à les prévoir, quoique les lois d’harmonie semblent d’abord destinées surtout à l’explication et les lois de succession à la prévision. Il nous a semblé qu’il y avait lieu de se poser le problème inverse, et de se demander si les états les plus apparents du moi lui-même, que nous croyons saisir directement, ne seraient pas, la plupart du temps, aperçus à travers certaines formes empruntées au monde extérieur, lequel nous rendrait ainsi ce que nous lui avons prêté. les uns les autres, et aboutiront à un acte libre par une évolution naturelle. En considérant même celle-ci aux temps de son plus grand ascendant, à la fois mental et social, c’est-à-dire, à l’état polythéique, l’unité intellectuelle s’y trouvait certainement constituée d’une manière beaucoup moins complète et moins stable que ne le permettra prochainement l’universelle prépondérance de l’esprit positif, quand il sera enfin étendu habituellement aux plus éminentes spéculations. Le simple exposé de l’alternative, montre l’absurdité qu’il y aurait à supposer que de tels efforts aient été faits dans aucun cas dont il faille nous occuper ici. La question de savoir s’il faut faire de la vente de ces denrées un privilège plus ou moins exclusif, doit être résolue différemment suivant les motifs auxquels on veut que la restriction soit subordonnée. Dans le cas que nous citons, l’objection serait ridicule et probablement ne viendrait à l’idée de personne : on lira avec intérêt et instruction la monographie du Rhône, comme on lirait avec curiosité et intérêt scientifique celle de ce vent singulier qui parcourt les mêmes contrées, et qui est connu sous le nom de Mistral. Non seulement les six catégories fondamentales que nous distinguerons ci-dessous entre les phénomènes naturels ne sauraient certainement être toutes ramenées à une seule loi universelle ; mais il y a tout lieu d’assurer maintenant que l’unité d’explication, encore poursuivie par tant d’esprits sérieux envers chacune d’elles prise à part, nous est finalement interdite, même dans ce domaine beaucoup plus restreint. L’astronomie a fait naître, sous ce rapport, des espérances trop empiriques, qui ne sauraient se réaliser jamais pour les phénomènes plus compliqués, pas seulement quant à la physique proprement dite, dont les cinq branches principales resteront toujours distinctes entre elles, malgré leurs incontestables relations. Ceux-ci sont représentés par des symboles. Quand une expérience pleinement décisive eut à jamais constaté, aux yeux de tous, l’entière impuissance organique d’une telle philosophie, l’absence de toute autre théorie ne permit pas de satisfaire d’abord aux besoins d’ordre, qui déjà prévalaient, autrement que par une sorte de restauration passagère de ce même système, mental et social, dont l’irréparable décadence avait donné lieu à la crise. Le concours naturel de ces deux épreuves irrécusables, dont le renouvellement est maintenant devenu aussi impossible qu’inutile, nous a conduits aujourd’hui à cette étrange situation où rien de vraiment grand ne peut être entrepris, ni pour l’ordre, ni pour le progrès, faute d’une philosophie réellement adaptée à l’ensemble de nos besoins. Ce qui confirmerait d’abord cette opinion, c’est qu’on emprunte nécessairement à l’espace, les images par lesquelles on décrit le sentiment que la conscience réfléchie a du temps et même de la succession : il faut donc que la pure durée soit autre chose. De nos jours encore, quand un enfant même en jouant, a reçu un coup qu’il n’a pu rendre, il est mécontent ; il aie sentiment d’une infériorité : au contraire, lorsqu’il a rendu le coup, en l’accentuant même avec plus d’énergie, il est satisfait, il ne se sent plus inférieur, inégal dans la lutte pour la vie. E-réputation aime à rappeler cette maxime de Léonard de Vinci  » Le souvenir des bienfaits reçus est fragile, comparé à l’ingratitude « .

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