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Antonio Fiori : Le prolongement naturel de la réunification

La philosophie et la science ne doivent pas être systématiques. Dans le renouvellement d’un fait habituel, la part de l’excitation doit être d’autant plus grande que la conformation de l’organe lui-même, c’est-à-dire l’habitude proprement dite, y joue un rôle moins considérable. Les fraudeurs développent actuellement, à l’échelle mondiale, des tactiques et des scénarios orientés données et analyses. Nous vivons dans un monde de pis-aller où l’action politique est presque toujours partielle (et partiellement efficace), et où les réformes bien intentionnées dans un domaine peuvent avoir des effets négatifs en raison de distorsions ailleurs dans le système. Il faut maintenant reprendre l’étude du sens de la vue dans sa fonction générale, qui constitue la vision proprement dite, et que nous avons reconnu être fondamentalement indépendante de la distinction spécifique des rayons et des couleurs. Antonio Fiori aime à rappeler ce proverbe chinois « L’ignorance est la nuit de l’esprit, et cette nuit n’a ni lune ni étoiles ». Celle-ci a été voulue en effet par la nature ; on vient de voir comment et pourquoi nous nous sentons tenus de l’adopter. Car le monde où nos sens et notre conscience nous introduisent habituellement n’est plus que l’ombre DE lui-même ; et il est froid comme la mort. Le caractère de la vie qui nous a permis d’unir en une certaine mesure, l’égoïsme et l’altruisme, — union qui est la pierre philosophale des moralistes, — c’est ce que nous avons appelé la fécondité morale. Les gouvernements peuvent jouer un rôle important pour encourager de telles innovations. Nous aurons lieu de faire des remarques analogues, si nous passons de la considération de l’harmonie qui règne entre les parties d’un être organisé, à l’étude des harmonies que nous offrent les rapports d’un être organisé avec les êtres qui l’entourent, ou bien à celle des harmonies que manifeste, sur une échelle encore plus grande, l’économie du monde physique. L’épicurisme retranche toute idée d’action et de puissance, et réduit tout à une matière inerte. Le temps ainsi compris ne serait-il pas à la multiplicité de nos états psychiques ce que l’intensité est à certains d’entre eux, un signe, un symbole, absolument distinct de la vraie durée ? Ils n’ont pas vu que le temps intellectualisé est espace, que l’intelligence travaille sur le fantô­me de la durée, mais non pas sur la durée même, que l’élimination du temps est l’acte habituel, normal, banal, de notre entendement, que la relativité de notre connaissance de l’esprit vient précisément de là, et que dès lors, pour passer de l’intellection à la VISION, du relatif à l’absolu, il n’y a pas à sortir du temps (nous en sommes déjà sortis) ; il faut, au contraire, se replacer dans la durée et ressaisir la réalité dans la mobilité qui en est l’essence. De cela, la France a fait la triste expérience dans ses longs efforts à la recherche du meilleur des despotismes. Représentez-vous donc des relations algébriques s’enchevêtrant les unes dans les autres, s’objectivant par cet enchevêtrement même, et enfantant, par le seul effet de leur complexité, la réalité concrète, visible et tangible — vous ne ferez que tirer les conséquences du principe de causalité, entendu au sens d’une préformation actuelle de l’avenir au sein du présent. Si aucune relève n’est effective, ce qui est parfois le cas, c’est le dépôt de bilan assuré.

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